"J'étais tranquille, j'étais pénard, accoudée au Comptoir..."
L'abus d'alcool est dangereux pour la santé, ah quelle bonne blague... Sans rire, je m'apprête à parler d'une chose que j'aimerai consommer avec modération.
Je vois bien votre tête, vous m'avez pris pour une petite alcoolique, hein !
- "le Comptoir des Cotonniers" -
Je suis rentrée dans cette boutique l'année dernière, à la sortie d'un concours blanc, j'étais lessivée, j'ai attrapée un bout de tissu , j'ai vu un bout de carton surlequel il y avait inscrit
quelque chose comme 50€. J'étais groggy, j'ai reposé le top ou le châle (oui, réellement un "bout de tissu", je vous assure) et je suis sortie dans le même élan. Puis nageant dans le bonheur
textile de GAP, j'ai songé à ce prix ridicule, prétentieux et je me suis jurée de ne plus jamais me refaire du mal dans cette boutique. Et oui, le bout de tissu : petit mais mignon... Torture.
Puis, je me suis dégotée un job dans la rue Saint-Dominique dans le génial 7ème arrondissement et je me suis retrouvée à une centaine de mètres de cette caverne aux milles merveilles.
Miséricorde, mes salaires y passent, je connais les collections par coeur. Les vendeuses se cachent à mon arrivée. Quand elles me voient emporter les quelques vêtements que je n'avais pas encore
essayé en cabine, elles capitulent et se fendent de leurs plus beaux sourires pour me faire oublier mon découvert et me faire penser que ces vêtements hors de prix achèveront ma transformation de
garçon manqué en jeune femme hésitante (les ongles, les cheveux, les robes... quelle année!)
J'aime cette marque, c'est ma plaie. Tous les modèles me plaisent, il y a d'abord les coups de coeur, je les achète. Puis j'y retourne et il y a les nouveaux coups de coeur (oups, j'ai failli
louper ce truc là, madoué, comment j'ai pu passer à côté !) et voilà, mon dressing ? le Comptoir. mes chaussures ? le Comptoir. mon manteau ? le Comptoir.
Oui, je crois que si vous me croisez, vous serez face à une pâle copie de la vitrine de la boutique chère à mon coeur.
Mais tant pis, on sait toutes que "modeuses" ou pas, les vêtements sont en partie (de façon plus ou moins prononcée) responsables de l'humeur du jour, de l'assurance que l'on affiche. C'est bien
simple, si vous ne me croyez pas, faisons un test : Descendez (ou remontez, libre à vous de choisir) l'avenue des Champs-Elysées affublée d'un bleu de travail. Alors ? Vous vous sentez belle, en
pleine possession de vos moyens ?
Si la réponse est "oui", alors je dois vous dire que je vous déteste, vous faîtes partie des fameux "Je ne me soucie absolument pas de ce que pensent les autres, on m'aime telle que je suis ou on
me déteste..." et bla bla bla.
GGggrrrr... C'est une secte, c'est pas possible de pouvoir penser ça sans avoir un ego surdimensionné...
Oups, petite disgression.
Donc, maintenant face à cette boulimie de tenues "des cotonniers", je suis face à un dilemme cruel :
Dois-je poser ma candidature dans cette boutique (chose déjà faite) pour bénéficier des réductions ainsi que des deux tenues complètes offertes ??
Ou dois-je postuler avec ma maman (voire avec ma maman et ma petite soeur) pour le fameux (et fabuleux!) casting Mères & Filles pour incarner l'image de la marque le temps d'une saison ?? (je
ne m'enflamme pas, ma maman est vachement bien conservée, ses vieux amis disent que je suis son portrait craché, du moins son portrait quand elle avait mon âge!)
Le plus embêtant, c'est que je ne trouve ces vêtements plus chers du tout, je renie H&M, Etam, Camaïeu, mes amis de toujours, et j'ouvre mes bras aux jeunes créateurs dont je découvre les noms
chaque jour que l'Être supérieur fait.
Blogs de filles, Boutiques en ligne, Newsletters qui me rappellent que je dois faire chauffer la carte bleue si je veux cesser d'être has been avant même d'avoir été (ouh, petit jeu de mot qui
tente de se faire oublier)...
Tout de même, pas facile d'être une "Girly girl"...